Les Ouulakchoukans

Histoire

La séparation :

Les Ouulakchoukans entretiennent leur propre histoire loin de celle des Trois Royaumes. Ils racontent qu'ils parcourent ces terres depuis la nuit des temps et que leur peuple aimé des dieux n'a jamais connu de terrible épreuve. Pourtant ces peuples nomades n'ont pas toujours connu des temps de paix. Bien au contraire, pacifistes envers la nature et les bienfaits qu'elle pouvait leur procurer, ils furent à une époque des plus belliqueux entre eux. A l'origine les Ouulakchoukans étaient un immense peuple, une seule et unique tribu. Cependant, le nom de Shinam-Tar se répandit, les prières se firent plus nombreuses afin que le malheur se détourne de leur terre. Même si le danger était loin dans des terres inconnues et si leur peuple comportait bien des chasseurs hors pair, les échos étaient des plus effroyables et seules les chamanes élues des dieux possédaient de grands pouvoirs. Des clans commencèrent à se former à cause des divergences d'opinion. Le deuxième chef, Chengzu le Bienveillant, souhaitait suivre les conseils de la Grande chamane : ne pas s'en mêler. Les dieux avaient certainement décidé de punir les autres peuples pour leur grande vanité mais ils seraient épargnés. D'un autre côté un groupe de chasseurs poussé par Thokmay le Valeureux avait pour ambition de traverser la Mer de Givre pour aller aider à vaincre ce monstre. Il n'était pas question de rester sans rien faire alors qu'il pouvait parfaitement venir sur leurs terres. Ils n'étaient pas hommes à attendre bien sagement leur fin. Les pertes furent grandes durant le voyage car ils n'étaient pas préparés à affronter les malices de la mer. Ils abandonnèrent mais ne purent revenir dans le clan principal aussi ils fondèrent une nouvelle tribu plus axée sur la chasse et proche de la Mer de Givre. Ce fut la première séparation des Ouulakchoukans. La deuxième séparation de la grande tribu se déroula lorsque les Elfes commencèrent à arriver sur leur terre. Ils n'avaient aucune explication pour cet exode, et même si ce peuple avait l'air pacifique la majorité des Ouulakchoukans était des chasseurs et des guerriers pour lesquels cette arrivée ne pouvait que signifier une menace pour leurs terres. Pourtant les sages de la grande tribu préconisèrent de rester simples observateurs, car il était inconscient de commencer une guerre avec un peuple inconnu et les elfes ne semblaient pas vouloir les déposséder de leurs terres ni de leur nourriture. Mais, à l'instar de la tribu de Thokmay le Valeureux voulant les tester afin de mieux connaître leur puissance, un autre groupe d'hommes et de femmes mené par Adnan le Brave commença à se détacher de la tribu principale, désireux de s'allier à la seconde, qu'ils pensaient plus sensée. Ils voulaient cependant rester avec leur meneur et avaient quelques désaccords avec la politique de la seconde tribu, ils choisirent donc de prendre leur indépendance. Les deux tribus alliées s'organisèrent pour passer à l'attaque et défendre leurs terres. Ils suivirent les Elfes jusqu’à leur point de chute, suivis de près par la grande tribu qui voulait se placer en tant qu'observatrice de cet échange. Ils eurent à peine le temps d'arriver sur les lieux que déjà les elfes avaient commencé une cérémonie des plus étranges. Les chamanes préconisèrent la prudence car elle était emplie de magie inconnue. Alors qu'une grande partie des Ouulakchoukans était emplie d'animosité envers ce peuple étranger, ils réalisèrent qu'il était en train de mourir d'un mal inconnu. Ils durent se rendre à l'évidence, cela ne servait à rien de combattre un peuple mourant et tous abandonnèrent leur sombre idée. Mais ce peuple des Terres Oubliées avait franchi une barrière, celle de sa division. Et cela ne s'arrêta pas là. À partir de ce moment, il ne fut plus rare qu'un homme décide de fonder sa propre tribu, ne voulant plus être sous l'égide d'un autre.

Les deux grandes guerres :

L'histoire des Ouulakchoukans reste difficile à raconter de façon linéaire car chaque tribu possède sa propre histoire, mais deux faits marquants peuvent être relatés pour mieux comprendre le fonctionnement de ce peuple. Deux guerres encore racontées aux enfants lors des longues nuits d'hiver. Ce ne furent pas de petits conflits entre tribus se disputant une chasse ou un fragment territoire, non, ce fut d'une plus grande ampleur et pourtant les raisons en furent tout aussi dérisoires. Ces guerres n'ont pas été nommées, leur transmission orale et leurs conséquences les définissent. La première permit d'organiser leur territoire. Les Ouulakchoukans sont pour la plupart des tribus nomades, mais chaque zone appartient plus particulièrement à une tribu, des règles sont suivies pour ne pas froisser le détenteur des terres. Or au début ce fonctionnement n'était pas défini aussi clairement. Les clans voyageaient comme bon leur semblait, sans aucun respect pour les territoires qu'ils traversaient. Les uns prenaient le gibier des autres, des troupeaux étaient pillés... Il ne fallut pas longtemps pour que cela dégénère et que chacun entre en guerre contre son prochain. Ce ne fut qu'en voyant le massacre que les chefs décidèrent de mettre le holà et d'instaurer une paix éphémère en attribuant des territoires à chacun et des règles à respecter quand un clan traversait un territoire n'étant pas le sien. La deuxième guerre commença par une querelle entre deux clans majeurs, pour un mariage arrangé s'étant mal terminé. La fuite des amants impliqua plusieurs tribus, engendrant des conflits qui perdurèrent pendant près de deux ans avant de s'essouffler et qu'une paix tout aussi éphémère soit de nouveau installée. Le rassemblement annuel a été ainsi instauré suite à ces deux guerres pour maintenir les tribus soudées malgré les nombreux affrontements auxquels elles doivent faire face. Il a été établi que les Ouulakchoukans devaient pouvoir rapidement se rassembler derrière une même personne pour affronter des ennemis plus imposants qu’eux. Le partage induit par ces rassemblements semblait également être un bon moyen d'évoluer sans perdre les traditions individuelles. Enfin le rassemblement servait, et sert toujours, aux chefs pour se concerter afin de, par exemple, juger des fautes graves pour éviter des guerres inutiles.

Politique

Chaque tribu possède un chef de clan qui est soit désigné par ses actes soit par sa lignée. Cela dépend des tribus, mais aussi du chef et des héritiers. Il a déjà été noté dans l'histoire des Ouulakchoukans que des tribus favorisant habituellement les héritiers pouvaient désigner un chef pour ses actes en l'absence d'héritier ou encore par incapacité de ceux-ci à assumer pleinement leur rôle. Le chef possède le pouvoir absolu, pouvoir représenté par un bâton sur lequel est gravé son nom lors de la passation. Ce bâton est le symbole d'Oséphon, il permet aux chefs d'affirmer leur pouvoir et de réguler la prise de parole s'ils le souhaitent. Pour être aidés dans leur fonction, certains décident de former un conseil rassemblant généralement des anciens et des hommes ou femmes de confiance. Ils ont pour seul objectif de conseiller le chef et de l'aider à prendre des décisions. Si un conseil est présent dans une tribu et que son chef est dans l'incapacité de commander, il prend le relais le temps que le chef se rétablisse ou qu'un autre soit mis en place. Lorsqu'il n'y a pas de conseil, un homme ou une femme de confiance choisi par le chef lui sert de bras droit et de remplaçant durant son absence. D'autre part, les chefs suivent souvent les conseils des chamanes. Représentantes de la voix des dieux, il est impensable pour les chefs de tribu d'aller à l'encontre de la parole d'un dieu. Leur politique est essentiellement axée sur leur tribu, mais lors du rassemblement annuel la réunion des chefs permet de faire un état des lieux de la situation avec l'extérieur et certaines règles sont harmonisées pour qu'elles soient communes à toutes les tribus. Ce rassemblement permet aussi aux jeunes chefs d'apprendre et de suivre les conseils des aînés. Des festivités sont aussi organisées pour élire le "chef des chefs", qui en cas de problèmes majeurs permet de rassembler toutes les tribus sous un même commandement. Il aura alors comme conseillers les autres chefs de clan.

Les quatre clans principaux :

1er clan : La plus grande tribu des Ouulakchoukans. Il est dit qu'ils sont les héritiers de la tribu de Chengzu le Bienveillant, à l'origine de toutes les autres. Leur territoire alterne entre les steppes d'Alval et la forêt d'Apylice, leurs troupeaux n'ont pas besoin d'un très grand territoire pour leur migration et ils vivent surtout de leurs chasses dans la forêt. Ganbaatar, le chef actuel, a été élu comme le grand chef durant le rassemblement annuel. Il a su se montrer digne de confiance pour tous les Ouulakchoukans. 2ème clan : Leur territoire se situe au nord des Terres Oubliées. Ils se disent les gardiens du Mahakaya comme leur territoire est proche du grand arbre. Ce sont généralement les premiers à arriver sur les terres de la réunion annuelle. Ils sont fiers de dire que ce sont eux qui préparent le terrain pour qu'il puisse recevoir les autres tribus. 3ème clan : Proche de la mer de Givre, c'est le seul à oser s'y aventurer et faire affaire avec les Fondateurs. Ils sont héritiers de Thokmay le Valeureux. À l'inverse des autres tribus ils ne suivent pas leurs troupeaux, ils partent uniquement à la chasse. Il est dit que les guerriers de cette tribu n'ont pas froid au yeux et peu de clans osent se battre avec eux surtout depuis que Huangjiiang est devenu chef. Les histoires racontent qu'il danse avec la mort, il n'a peur de rien ce qui fait de lui un redoutable adversaire. 4ème clan : Située au sud, cette tribu s'organise autour de la pêche et de l'élevage. Elle a acquis des techniques assez efficaces pour créer des bateaux facilement transportables.

Les autres :

De nombreuses autres petites tribus parcourent les steppes et les forêts des Terres Oubliées. Il est impossible de toutes les référencer, d'autant plus que souvent certaines tribus disparaissent, absorbées par de plus grandes.

Économie

Vivant grâce à l'élevage mais aussi grâce à la chasse et la cueillette, les Ouulakchoukans fonctionnent avec le troc, que se soit par l'échange de biens ou de compétences. De plus la majorité des tribus vivent en autarcie et ne voient pas la nécessité d'instaurer un commerce quelconque avec les autres tribus. Lors du rassemblement pourtant, ils acceptent de temps à autre de partager leur savoir ou d'échanger des biens. Il arrive lors des fiançailles, si deux personnes de tribus différentes échangent leurs vœux, qu'ils apportent dans la tribu d'adoption les biens et les savoirs qu'ils ont acquis au fil du temps. Les seuls qui commercent réellement sont les membres du troisième clan, qui échangent avec les fondateurs, mais là encore cela reste essentiellement du troc, car la monnaie n'existe pas chez eux.

Religion

Ils prient tous les dieux sans exception et sans préférence. Ils s'efforcent de ne pas en mettre en-avant, même si telles ou telles tribus se disent bénies par tels ou tels dieux. Généralement très croyants, ils respectent les rites et les cérémonies pour ne pas s'attirer la colère des dieux. Seules les femmes peuvent être désignées pour être les intermédiaires entre les hommes et les dieux. Les chamanes, même si elles ont une préférence pour un dieu, ne peuvent choisir qu'un dieu pour servir sa parole. Pour plus d'informations, vous pouvez consulter La magie, où, quand, comment.

Rites et fêtes

La naissance :
Les enfants du clan reçoivent un prénom 6 mois après leur naissance, au cas où ils ne survivent pas aux premiers jours de leur vie. Une fois attribué le nom est inscrit par la chamane sur un morceau de bois puis celui-ci est enterré à un endroit connu d'elle seule. Ce rituel est effectué afin de porter chance à l'enfant pour la suite de sa vie. Il est normalement déterré à la fin de la vie pour qu'il soit brûlé avec le corps. À la suite de ce rituel une fête est généralement organisée pour que les membres du clan prennent connaissance du bébé et de son nom. Il est de coutume d'offrir à ce moment un cadeau au nourrisson ou à la famille.
Enfance :
Atteindre l'âge adulte est en Terres Oubliées une épreuve de tous les instants. Plusieurs rituels et fêtes peuvent être organisés pour que les enfants vivent le plus longtemps possible. Une des fêtes est célébrée notamment lors du rassemblement pour les enfants de 5 et 10 ans. La cérémonie commence par un rituel des chamanes pour accorder la protection du dieu Inriss et du petit dieu de la pureté de l'enfant. Il s'ensuit une fête réunissant les enfants et les parents. Le passage à l'âge adulte est aussi totalement ritualisé. Pour passer à l'âge adulte, les enfants doivent réussir une quête initiatique. En effet la chamane, après avoir parlé aux dieux, donne aux adolescents qui vont passer à l'âge adulte le nom d'une proie à chasser, généralement liée à leur totem. Plus qu'une épreuve de chasse, c'est un moyen de vivre pendant une courte durée loin de la tribu, généralement seul. Lorsqu'ils reviennent une fête est organisée afin de célébrer leur retour et leur passage dans le monde des adultes. Leur clan familial, leur offre généralement pour l'occasion un cadeau, qui diffère selon le rang.
Mariage :
Généralement, les mariages se font au sein même de la tribu, mais il peut arriver, notamment au cours du grand rassemblement, qu'une union soit faite entre deux personnes de deux tribus différentes. Cela se fait beaucoup, notamment entre une petite et une grande tribus, pour consolider la plus petite. Avant le mariage, une fête est organisée, séparément pour la femme et l'homme. Le lendemain la chamane prend le relais pour sceller leur union devant les dieux. C'est à ce moment que sont échangés les vœux. Il est de coutume que le chef offre au couple une yourte et allume un feu pour signifier qu'un nouveau foyer va être accueilli dans la tribu.
Rites funéraire :
Lorsqu'un des leur décède, le corps est laissé dans la yourte de la chamane pour qu'elle puisse préparer le corps afin qu'il soit prêt pour la cérémonie. Elle le lave avec des plantes dont l'odeur très prononcée permet d'éloigner les insectes et de cacher l'odeur de la mort. Les morts sont habillés avec leurs plus beaux habits, qui vont représenter la richesse accumulée durant leur vie. Le reste de leur héritage ira à leur famille. Une soirée funéraire est organisée avec toute la tribu pour honorer une dernière fois le défunt avant qu'il rejoigne le dieu de la mort. Le corps est ensuite placé sur un bûcher. Un chant funéraire repris par tous les membres de la tribu accompagne la crémation.

Culture et coutumes

Les Ouulakchoukans ont une écriture de symboles utilisée essentiellement pour les cérémonies sacrées, pour la cartographie ou encore certains messages codés, car seules les chamanes ou les personnes importantes possèdent les clés pour les déchiffrer. Leur art est assez naïf, il comporte des formes très simples et utilise la plupart du temps les os, le bois ou encore le tissu. Leurs œuvres sont donc pour la plupart éphémères, les seules qui perdurent sont les sculptures sur la roche, qu'ils laissent dans les steppes d'Alval. Souvent ce sont des sculptures des temps anciens, elles sont appelées les roches aux visages. Parfois certains racontent qu'elles sont aussi un souvenir des elfes. Les coutumes disent que lorsqu’ils soupirent ils libèrent un fragment de leur esprit. Il est donc courant de réaliser ensuite une succession de gestes pour le ravaler. Il est bien entendu très mal vu de soupirer en public, les réactions sont bien souvent des regards horrifiés.

Mis à jour le 15/10/18 à 10h50