Créatures surnaturelles, légendes et folklore

Avant-propos

Il existe sur le continent des multitudes de bêtes d'une dangerosité telle qu'il faut parfois tout un régiment pour en venir à bout, comprenant de ces hommes capables de maîtriser la magie offerte par Azanea. Certaines sont d'une telle rareté qu'elles n'ont été que peu observées et sont pratiquement considérées comme des chimères en certaines parties du continent. Mais toutes ces bêtes ont en commun une caractéristique, chacune d'elles fait partie d'une race, souvent d'une espèce, et a donc un mode de reproduction parmi ceux qu'on a pu observer chez nos animaux domestiques par exemple. La présence d'un mâle et d'une femelle est nécessaire, bien que certaines de ces bêtes soient alternativement mâles et femelles. Ainsi, s'il ne restait plus un seul représentant en mesure de se reproduire la race ou l'espèce s'éteindrait. Les créatures surnaturelles sont d'une autre nature. La plupart du temps un événement d'ordre magique, une malédiction, un rituel obscur ou même parfois une bénédiction, quelques fois un croisement improbable entre deux espèces produisant un être viable bien que stérile. Les Gardiens, qu'on peut trouver en certains lieux remarquables bien que peu aient pu les approcher, sont de ces créatures surnaturelles dont l'existence ne peut être mise en doute. Au cours de notre étude, ma collègue Anareï Valessi et moi-même nous efforcerons de répertorier les créatures surnaturelles selon des critères précis et ayant pu être observées par des témoins dignes de foi. Cependant nous sommes conscients que notre monde est encore peu exploré en ses endroits les plus inaccessibles, et en particulier dans les îles mystérieusement apparues il y a peu. Ainsi nous répertorierons également ce qui peut ne s'avérer pour l'instant que des légendes, mais qui pourrait à l'avenir recueillir suffisamment de témoignages pour nous donner des certitudes quant à son existence. Lorsque cela s'avérera pertinent vous pourrez également trouver quelques mœurs et croyances touchant à ce domaine, car s'il advenait que vous deviez vous aventurer hors des terres qui vous sont habituelles vous voudrez peut-être connaître le folklore des habitants que vous rencontrerez. Nous vous souhaitons une agréable lecture et espérons que le soin que nous avons apporté à cet ouvrage vous donnera satisfaction. Si toutefois vous désiriez nous faire quelque remarque ou nous aider pour un prochain ouvrage n'hésitez pas à contacter l'université des Sciences Naturelles et Extraordinaires d'Oxian.

Alossius Clavicyn.

  1. Les réanimés
  2. Définition générale Par nature il s'agit de personnes ou d'animaux ayant eu une existence en tant qu'êtres vivants et étant morts d'une manière ou d'une autre. Ils se classent ensuite en deux catégories, les réanimés disposant d'une enveloppe physique, le plus souvent celle de leur dépouille, et ceux d'une nature éthérée, généralement une représentation fantomatique de ce qu'ils ont été. Dans cet ouvrage nous nous intéresserons surtout aux réanimés provenant d'humains, mais il existe aussi des cas liés à des animaux, qui sont par ailleurs l'objet de l'étude actuelle d'un de nos confrères.
    1. Les enveloppes physiques
    2. Les squelettes Généralement les squelettes se trouvent par trois minimum mais il peut arriver d'en observer tout un régiment dans les lieux les plus farouchement gardés. Leurs os liés ensemble par un procédé qui ne peut tenir que d'une magie puissante et ancienne, ils ont une résistance accrue à tout dégât tranchant mais sont sensibles aux dégâts contondants. Ce sont souvent d'anciens militaires maudits et condamnés à garder éternellement un lieu. Cette malédiction peut être l'oeuvre d'un dieu ou d'un mage d'une telle puissance qu'il en existe peu. Plus rarement il peut s'agir d'aventuriers maudits par le pouvoir d'un objet ou condamnés par leur soif de trésor. Ce sont donc des combattants aguerris, ayant reçu une formation de combat poussée et qu'ils ont pu perfectionner au fil des siècles. Certains d'entre eux ne peuvent être définitivement vaincus par aucune arme. Même réduits en poussière, leurs os finiront par se reconstituer grâce à la magie dont ils sont imprégnés. Dans ce cas la seule manière de s'en débarrasser est de parvenir à lever la malédiction qui pèse sur eux. Cela nécessite donc une étude des lieux et de leur histoire, souvent compliquée par leur présence hostile. On ignore si les squelettes ont des sentiments mais ils ne semblent pas sensibles à la douleur. Nul n'a jamais pu communiquer avec un tel réanimé, on ne sait donc pas à ce jour s'ils en sont même capables. Les décomposés Extrêmement rares, ces créatures tiennent plutôt de la légende. D'une intelligence très inférieure à celle d'un humain normal, se déplaçant souvent lentement et sans grande discrétion, d'une odeur pestilentielle, il est difficile de se faire surprendre par ce genre de réanimé lorsqu'on se tient sur ses gardes. Les marais sembleraient l'endroit où il est le plus probable d'en trouver et il est dit qu'ils peuvent se cacher dans la vase. On ne sait pas avec certitude ce qui peut transformer un mort en décomposé, ils semblent errer sans but et s'attaquer aux vivants sans réelle distinction. Cependant ils sont dotés d'un certain instinct de survie assez étonnant. Contre des adversaires plus forts ils vont préférer se cacher et attendre leur heure ou s'enfuir. Leur principale préoccupation semble de manger de la chair, de préférence sur des animaux ou des humains encore vivants. Le sang comme les pleurs des bébés les attirent. Lorsqu'ils sont plusieurs ils s'accordent spontanément sur un but et agissent ensemble sans qu'il soit possible d'établir leur mode de communication. Les flammes semblent le meilleur moyen d'en venir définitivement à bout, mais il faut veiller à ce que toute la chair soit entièrement réduite en cendre. Les os pourront ensuite être enterrés et consacrés pour que l'âme du défunt puisse trouver le repos.
    3. Les éthérés
    4. Les esprits frappeurs Invisibles ou seulement perceptibles par une légère brume, ils sèment souvent le désordre, généralement dans une maison mais parfois également dans un campement. Ces esprits ne sont jamais là par hasard, ils peuvent être liés à un lieu indépendamment de ses occupants mais le plus souvent ils sont présents à cause d'une ou plusieurs personnes. Ils sont la manifestation d'une colère, d'une haine ou de tout autre sentiment négatif potentiellement nocif. Leurs manifestations sont souvent bruyantes, ils peuvent cogner dans les murs ou sur le plancher par exemple. Incapables de s'en prendre directement aux vivants ils peuvent néanmoins selon leur puissance utiliser des objets à leur guise pour leur porter atteinte indirectement. Intelligents et souvent cruels, ils peuvent retourner les membres d'un groupe les uns contre les autres ou contre une personne ciblée, ou mener à la folie leurs victimes. Impossibles à éliminer physiquement, leur disparition coïncide souvent avec la mort tragique, et généralement douloureuse, de leur cible. Cependant il est parfois possible de les apaiser et de les encourager à se dissiper. Pour cela il faut d'abord identifier la personne décédée responsable de ces manifestations, puis la cause de sa colère. Cela fait il faut autant que possible réparer le tort qui a été fait au mort. L'intervention d'Ashin'Tar sera essentielle dans la suite du processus, aussi est-il habituel de lui faire de nombreuses offrandes et de lui adresser de nombreuses prières dès lors qu'un esprit frappeur apparaît. Il est dit que les esprits frappeurs ne peuvent rien manipuler qui soit en argent et qu'une femme enceinte peut temporairement les calmer. Pour se prémunir de telles manifestations beaucoup de personnes enquêtent soigneusement avant d'acheter une maison ayant été habitée, et dès que quelqu'un meurt dans un foyer il est assez habituel en plus de prier pour son repos de faire la liste de ce qu'il pourrait avoir à reprocher et de lui demander sincèrement pardon. Les fantômes Il existe de nombreux types de fantômes actuellement répertoriés, certains ayant plusieurs variantes en fonction des régions. Force est de constater cependant que les cas avérés de fantômes sont extrêmement rares. La plupart des histoires à leur sujet ne sont que des inventions, soit destinées à éloigner les curieux de certains lieux soit pour d'autres raisons purement humaines. Les fantômes se distinguent des esprits par leur forme bien visible. Il peut s'agir d'une forme diffuse et imprécise ou d'une silhouette qu'on pourrait prendre pour celle d'un humain en ne s'approchant pas de trop près, mais dans tous les cas le fantôme se voit suffisamment pour n'avoir aucun doute quant à son existence. Ces manifestations sont souvent malveillantes dans le folklore, mais on distingue néanmoins quelques cas de fantômes protecteurs, désirant éloigner certaines personnes de dangers. Un cas observé est celui d'une mère qui, décédée seulement quatre ans après la naissance de son dernier enfant, revenait régulièrement pour consoler ses petits, son époux étant souvent dur avec eux ou absent. L'apparence des fantômes semble grandement liée à leurs intentions et à la mort de l'être qu'ils étaient autrefois. On trouve ainsi des fantômes ressemblant beaucoup aux personnes qu'ils avaient été et d'autres affreusement mutilés. Lors de guerres, et en particulier de massacres, ou d'épidémies mortifères, le nombre de fantômes semble s'accroître de façon notoire. A moins d'être particulièrement malveillants les fantômes disparaîtront souvent d'eux-mêmes lorsqu'ils estimeront avoir accompli ce pour quoi leur âme devait encore rester sur terre. Cependant ceux qui se donnent pour mission d'éloigner toute personne d'un grand danger, ce danger étant souvent la raison de leur propre mort, peuvent demeurer aussi longtemps que personne n'essaye de les chasser. On a ainsi longtemps vu une jeune femme près d'un lac, s'y étant noyée. Elle essayait de dissuader quiconque de s'y baigner ou même d'y pêcher, jusqu'à pousser des cris terrifiants. Les habitants alentours ont fini par engager un prêtre d'Ashin'Tar afin d'aider la défunte à trouver le repos. Il est dit que seuls les humains ou les bêtes ayant appartenu aux fantômes peuvent les entendre. Certains fantômes peuvent cependant rester totalement muets, ou choisir de ne se faire entendre que par une personne ou un animal.
    5. Ashin'Tar et les réanimés
    6. Bien que nous n'ayons l'audace de penser comprendre les raisons d'un dieu, nous avons trouvé intéressant de nous pencher sur la question des réanimés en regard de ce que nous savons sur le cycle des âmes. Depuis bien longtemps en effet les prêtres d'Ashin'Tar nous enseignent que chaque âme, à l'heure de quitter son corps, est destinée à voyager vers un autre être. Parfois certaines âmes, trop usées par de nombreux cycles, rejoignent la balance de La Conteuse et les actions de toutes leurs réincarnations sont pesées. Mais qu'en est-il de ces réanimés ? Pourquoi, et comment, leur âme, ou du moins un fragment, peut-elle rester piégée dans un corps qui ne devrait plus s'animer, ou une manifestation spirituelle ? Afin de nous éclairer sur la question nous avons consulté de nombreux prêtres du culte d'Ashin'Tar, et lu les ouvrages de leurs bibliothèques sur le sujet. Il semblerait que deux cas se distinguent, celui des malédictions et celui des âmes tourmentées. Dans le premier cas la malédiction agit comme une chaîne ou l'ancre d'un navire, et attache l'âme au point qu'elle ne puisse s'en libérer au moment où Ashin'Tar, ou l'un de ses subordonnés, vient la chercher. Et les dieux, à moins d'être suffisamment priés et de le juger bon en regard des actions des hommes, ne lèvent pas les malédictions qu'ils n'ont pas eux-mêmes jetées. Cependant, selon nos sources, lorsque le dieu de la mort ou son représentant juge que le défunt n'est pas responsable de sa malédiction il emporte avec lui la majeure partie de son âme et ne laisse que le fragment nécessaire à l'animation de son corps. Pendant des années ou des siècles, les ouvrages divergent à ce sujet, l'âme se reconstruit pour être à nouveau entière, intégrant de nouveaux fragments. Si le corps resté sur terre, ou sa manifestation éthérée, trouve le repos, alors le fragment lui étant attaché rejoindra celui emporté dans le royaume d'Ashin'Tar, et l'âme complétée pourra reprendre son cycle. Dans le cas d'une malédiction pour laquelle le défunt est jugé coupable, l'âme demeure totalement sur terre. Cependant dans de nombreux cas il est dit que seule une partie habite la manifestation physique ou anime la manifestation éthérée. L'autre partie se lie au lieu ou à un objet et se libérera spontanément lorsque la partie prisonnière du corps ou de l'éther trouvera le repos. Dans le second cas, l'âme tourmentée deviendrait si instable qu'elle ne pourrait être transportée sans être endommagée, ou causerait du tort aux âmes en transit. Bien sûr il est dit qu'Ashin'Tar a le pouvoir d'apaiser les âmes, mais il est dit également qu'il ne le fera que s'il s'agit d'un de ses fidèles ou d'une personne lui ayant été recommandée par un autre dieu ou lui ayant plu d'une manière ou d'une autre.
  3. Les bêtes à tendance anthropomorphique
  4. Définition générale Ces créatures sont peut-être parmi les plus fantasmées dans l'imaginaire collectif, car pour la plupart elles possèdent des pouvoirs qui bien que terrifiants sont l'extension des désirs primaires de l'humanité. Force, contrôle, longévité, la plupart ont au moins l'une de ces caractéristiques. Mais la réalité est toute autre. S'il a pu exister autrefois du temps des cinq peuples de telles créatures elles en sont aujourd'hui si éloignées que pour la plupart la forme humaine est bien loin, bien que perceptible à l'observation attentive. L'existence de ces bêtes est souvent liée à l'un ou l'autre des phénomènes suivants : malédiction ou contamination. Suite à l'une des deux voies la victime se transformera peu à peu en une bête souvent hideuse et sera forcée à l'exil.
    1. Les zoomorphes
    2. Il existe actuellement jusqu'à six espèces répertoriées comme zoomorphes, dont la base la plus répandue est le loup. On trouve également les crocodiles, les chevaux, les ours, les blaireaux et les lapins. Bien entendu ces bases à la zoomorphie sont distribuées géographiquement et dépendent grandement de la raison initiale de la malédiction. Bien qu'il soit impossible de savoir quelle espèce animale a la première servi à une telle malédiction, la plus célèbre qualifie ses individus de loups-garous et toutes les autres suivent actuellement ce même modèle, bien que le terme savant de loup-garou soit lycanthrope et qu'il existe de même des termes scientifiques pour les autres espèces. Parmi ces anthropomorphes seules deux espèces n'ont jamais été attestées comme contaminantes, les chevaux-garous et les ours-garous. Pour les autres cependant les cas de contamination restent très rares et il semble que les individus ne puissent contaminer que les humains du même sexe. La transformation d'un être humain en zoomorphe reste donc très majoritairement le fait d'une malédiction, et il va sans dire que seul un dieu ou un mage d'une puissance rare en sont capables dans nos contrées. Il est dit par contre qu'au delà des montagnes de Taacnum les sorcières et autres chamans usent d'une magie plus proche de la nature et plus prompte à la manipuler. Une fois totalement transformée la victime sera extrêmement difficile, voire impossible, à reconnaître. Si des traits humains et des attitudes peuvent se lire par l'observation, on ne verra de loin qu'une bête sauvage. Contrairement à l'idée répandue dans la culture populaire, une telle bête ne pourra jamais redevenir humaine, à moins que la malédiction ne soit levée par une divinité. La lune n'a pas d'influence sur eux et leur rythme circadien dépend uniquement de l'espèce animale servant de base à leur état. Il est cependant vrai que ces créatures sont particulièrement sensibles à l'argent, qui les brûle sévèrement. A moins de trouver un dieu disposé à lever la malédiction, ce qui n'est pas chose aisée, le meilleur moyen de se débarrasser d'un anthropomorphe est donc de le tuer. Pour cela on pourra s'y prendre de la même manière que pour une bête sauvage mais il conviendra de lui arracher le cœur et de le brûler, sans quoi il se remettra à battre dès que le danger sera écarté. Ces créatures sont pour la plupart extrêmement agressives et carnivores. En dehors des formes ursidée et chevaline elles sont d'une taille bien supérieure à celle de l'animal servant de base.
    3. Les vampires
    4. Jusqu'à une dizaine d'années on trouvait bien des textes historiques traitant du sujet et même des représentations graphiques, mais nul scientifique sérieux n'admettait qu'ils aient pu un jour exister. Le nombre de mystifications déjouées ne pouvait qu'augmenter le scepticisme et la certitude que des buveurs de sang anthropomorphes ne pouvaient en aucun cas être réels. Puis une découverte fut faite lors de l'agrandissement d'une mine dans les montagnes d'Altla, du côté le plus septentrional et en territoire Occinarien. Si elle n'avait été le fait que de mineurs elle aurait malheureusement fait partie d'une légende à laquelle peu auraient accordé crédit, mais par bonheur se trouvait à proximité un géologue et un naturaliste, deux confrères de l'académie. Le premier veilla à ce que les ossements soient laissés intacts et le second les étudia avec le plus grand soin. Selon les premières apparences il s'agissait d'un homme de taille moyenne, recroquevillé en position fœtale, mais son crâne avait à la lumière des torches attiré la plus grande attention. Sa mâchoire portait des canines d'une taille anormale pour un homme, et qu'on n'avait jamais attribué aux quatre peuples disparus. Le squelette dans son entier fut ramené à Oxian pour y être étudié, et y demeure aujourd'hui bien que dans un endroit tenu secret pour ne pas exciter l'intérêt d'indésirables. Pour autant, même s'il est indéniable que ce squelette est authentique et qu'on en a trouvé trois autres certifiés, il semble que cette race, ou ces créatures surnaturelles, aient disparu depuis bien longtemps. Cependant depuis une vingtaine d'années de nombreux témoignages sérieux et plusieurs dépouilles apportées pour étude attestent de l'existence de créatures d'apparence plus bestiale, certaines ailées et d'autres ayant comme des bras et des jambes à peine difformes. On pourrait croire à une espèce et non à des créatures surnaturelles, mais hélas il s'agit bien d'un fléau contaminant, ce qui ne peut en aucun cas être dans la nature d'une espèce. Des guerriers ayant été mordus se sont peu à peu transformés en ces horreurs et sont devenus une telle menace que la seule solution fut de les abattre. Naturellement l'étude de tels phénomènes est très difficile à cause de leur dangerosité, mais quelques pistes de réflexion nous semblent pertinentes et s'appuyer sur des observations ou des études assez sérieuses pour figurer ici. Tout d'abord il semblerait que ces créatures soient capables de se mettre en état de sommeil profond pendant des années, voire des siècles. Deux d'entre elles ont en effet été trouvées dans des endroits qui ne pouvaient qu'avoir été obstrués depuis bien longtemps, sans accès à un point d'eau ou à une source de nourriture, profondément endormies, au point qu'on les croyait mortes. Mais dès qu'on a tenté de s'en prendre à elles ou de les rapporter pour étude elles se sont éveillées et bien qu'affaiblies par leur longue léthargie ont été capables de vider de leur sang au moins un homme avant de prendre la fuite. Il semblerait donc qu'il y ait une vingtaine d'années l'une d'elles ait été réveillée d'un long sommeil, soit accidentellement soit par un dieu voulant punir une population l'ayant offensé. Cela expliquerait leur existence parfois si détaillée dans les légendes, des détails qui à la lumière de ces monstres deviennent parfois pertinents d'une façon troublante. Ces créatures seraient potentiellement immortelles, ou au moins capables de vivre pendant des siècles sans le moindre apport nutritif. Elles se nourrissent exclusivement de sang d'êtres vivants, des animaux quand ils ne peuvent trouver mieux ou des humains avec une nette préférence. La contamination ne semble possible que dans certaines conditions. Il faut que le sujet ait été vidé d'une très grande partie de son sang mais puisse néanmoins y survivre. Elle peut ensuite durer quelques semaines à quelques mois, selon la résistance mentale et physique de la victime. Seuls les humains semblent pouvoir être contaminés, à moins que les vampires n'aient l'instinct de le faire que pour notre espèce. Du fait de leur rareté extrême les vampires agissent souvent seuls, mais il a déjà été observé des couples sévissant avec une efficacité redoutable. Pour autant il ne semble y avoir ni mâles ni femelles, aucune des créatures n'ayant présenté le moindre signe de dimorphisme sexuel. On ne les voit jamais après le lever du soleil ou avant son coucher, mais contrairement à une idée répandue la lumière solaire ne les fait pas tomber en poussière. Elle les affaiblit considérablement, leurs mouvements sont plus lents et leur sens de l'orientation semble perturbé, mais elle ne les tue pas. La présence d'or, parfois associée à l'astre solaire, a tendance à les rendre plus forts et plus agressifs, et il semblerait que certains cherchent à se l'accaparer. Il semble, conformément aux légendes, que l'argent a un effet légèrement répulsif et que les prêtres très proches de leur dieu parviennent à force de prières à les maintenir éloignés. Cependant cela ne calmera pas réellement une créature affamée, elle pourra au mieux chercher une autre victime, plus faible. Le cœur et la tête sont des organes qui comme chez l'Homme leur sont vitaux, mais ayant une résistance bien supérieure et une capacité de guérison défiant l'imagination. Le seul moyen de venir définitivement à bout d'une telle créature semblerait donc de lui arracher le cœur et de lui trancher la tête puis de les brûler séparément avant d'immerger soigneusement leurs cendres dans une eau consacrée à un dieu compatissant. Le résultat de ce processus est la combustion spontanée de ce qui restera alors de la créature, attestant de sa réussite. Cependant l'eau peut mettre quelques heures à quelques jours à faire son effet selon la force des prières adressées au dieu, la connexion du requérant avec son dieu et la nature de celui-ci.
    5. Les nécrophages
    6. La plupart des nécrophages appartiennent à des espèces et des races bien déterminées et ne nous intéressant pas dans cet ouvrage. Il existe cependant des créatures surnaturelles à tendance anthropomorphique rassemblées dans cette catégorie, et c'est à elles que nous allons consacrer cette partie. Hommes et femmes avant d'atteindre cette forme, les nécrophages en sont pourtant une immonde parodie et perdent tout sens humain, ainsi que leurs capacités de reproduction comme chez toutes les créatures surnaturelles. Cet état peut être la conséquence de deux facteurs, soit environnemental soit lié à une punition divine. En effet dans certaines zones où une magie particulièrement malfaisante est à l'oeuvre il peut arriver que les hommes soient frappés de folie et deviennent cannibales et nécrophages et que leur corps subisse une lente mais irréversible transformation. Les nécrophages se rassemblent spontanément dans les zones où la mort survient fréquemment ou aux alentours des cimetières. Ils peuvent parcourir de très grandes distances pour trouver la source de leur nourriture, et les corps humains les attirent avec une très grande force. En aucun cas contaminants dans le sens où leur affection ou malédiction ne se transmet pas, leurs morsures entraînent cependant dans de nombreux cas une gangrène si terrible que l'amputation est parfois la seule manière de sauver le patient. Le feu est la meilleure façon de s'en débarrasser après leur avoir enfoncé une lame dans le cœur. Sans cela si la lame est retirée le cœur se régénérera en absorbant les tissus de la créature pour ce faire. Dans la croyance populaire il est dit que ceux qui cherchent trop à profiter des autres sans rien donner en retour, ni aux hommes ni aux dieux, se transforment spontanément en nécrophages. Il est à noter, cela mis à part, le récit fait en l'an 972 d'une expédition menée jusqu'à une vallée montagneuse si isolée qu'elle n'avait dû avoir d'échange avec un autre peuple durant plusieurs siècles. Les hommes et femmes qui y vivaient, ignorant les enseignements de Phéiara par vice ou subissant leur isolement, se reproduisaient sans aucun apport extérieur, multipliant leurs tares plutôt que leurs qualités. De plus, leur isolement y participant peut-être, ils étaient anthropophages d'une manière assez systématique, mangeant leurs morts et même quelques fois des sacrifices. En les découvrant les explorateurs furent horrifiés et cela d'autant plus qu'ils ne pouvaient que voir en eux des humains dégénérés de façon monstrueuse. En effet ils se vêtaient, de façon rudimentaire mais avec le soucis des humains, étaient organisés simplement mais en un semblant de société humaine, et bien que déformée leur parole témoignait d'un langage relativement évolué. Certains furent immédiatement agressifs, d'autres se soumirent devant la supériorité indéniable des hommes civilisés. Des prêtres de Phéiara furent dépêchés auprès de ces misérables, leur interdisant avec l'aide de guerriers les protégeant de continuer cette immonde reproduction. Ce peuple dégénéré s'éteignit fort heureusement lorsque son dernier né mourrut, et périt avec lui cette race déviante. Ce fut le seul cas d'une race anthropophage anthropomorphique jamais étudié, et il rappelle à quel point il est capital de suivre les enseignements de Phéiara comme de tous les autres dieux.
  5. Les extraplanaires
  6. Définition générale Ce sont des créatures à part, qu'on dit provenir d'un plan différent du nôtre, parfois du royaume des cieux et parfois de celui des âmes bannies. La plupart sont uniques mais certaines forment un groupe bien que paraissant obéir à une volonté commune. On ignore s'ils sont capables de se reproduire dans leur plan d'origine mais il est certain qu'ils ne le sont pas sur notre continent, du moins pas jusqu'à maintenant. Les extraplanaires sont réputés pour être le reflet de la volonté des dieux. Parfois celle de nous tester, de nous pousser à nous surpasser, et d'autres fois pour nous guider ou nous protéger. Leurs formes sont multiples, mais mis à part pour la dernière catégorie il est toujours évident pour un homme de reconnaître la nature d'une de ces créatures. En effet elles exercent sur nous, et sur bien des animaux, une impression profonde, comme ancrée au plus profond de notre âme, et nul ne peut y être indifférent, en bien ou en mal.
    1. Les démons
    2. Il en existe très peu et généralement ils sont de petite taille et se cantonnent à une région. Le plus célèbre d'entre eux est bien sûr Shinam-Tar, le Dévoreur de mondes, ou Seigneur de l'effondrement. Les démons ne sont pas nécessairement d'une forme déterminée, certains peuvent prendre plusieurs apparences pour mieux tromper les humains, mais il est dit que les justes et ceux qui ont une foi inébranlable en leur dieu les reconnaîtront malgré tout. Certains démons particulièrement vicieux peuvent également habiter le corps d'un humain et les en chasser s'avérera particulièrement difficile sans nuire à la victime. Il est impossible de venir à bout d'un démon sans l'aide d'un prêtre ou d'un serviteur se consacrant à un dieu, et les fidèles des dieux majeurs y parviendront plus efficacement que les autres. Mais cela n'est pas suffisant dans bien des cas, il faudra souvent plusieurs guerriers, des mages et dans de très rares cas un sacrifice, dont la nature peut varier selon celle du démon. En dehors de Shinam-Tar, qui peut les rassembler et les commander, les démons ne peuvent jamais cohabiter. Le plus faible fuit le plus fort ou se fait tuer par celui-ci. De plus, étant généralement considérés comme l'arme de dieux en colère, ils peuvent être rappelés dans leur monde d'origine si le dieu estime qu'il n'est plus d'aucune utilité sur notre continent. Parfois cependant le dieu choisit de désigner un champion et de lui apporter son aide pour qu'il puisse vaincre la créature. D'une manière générale il faut garder à l'esprit que les démons sont les plus rares de toutes les créatures surnaturelles, et qu'il n'en apparaît souvent pas plus d'un tous les dix ou quinze ans.
    3. Les célestes
    4. Très souvent ils n'ont la forme que de petites lumières dansantes mais animées d'une vie propre et d'intentions qu'on dit pures, guidant les voyageurs égarés et les innocents loin des dangers. Il en existe cependant des formes plus évoluées mais il semble que leur apparence dépende grandement de la personne qu'elles rencontrent. De mauvaises intentions peuvent les faire disparaître, temporairement ou totalement, ainsi que la colère d'un dieu.
    5. Les ambivalents
    6. Ce sont typiquement les Gardiens, même s'il en existe d'autres. Ni mauvaises ni bonnes, ces créatures agissent en fonction de leur environnement et des événements qui peuvent y survenir. Elles peuvent être redoutables ou bienveillantes mais généralement on craint leur colère plus qu'on ne recherche leurs bienfaits.
  7. Rites et légendes
  8. A venir
  9. Conclusion
  10. Bien qu'il existe beaucoup de types de créatures surnaturelles et de légendes et croyances à leur sujet, il faut toujours bien garder à l'esprit qu'elles sont extrêmement rares et qu'il a fallu des années pour les observer et établir le présent recueil. Un chercheur voulant les étudier devra donc d'abord trouver des lieux bien particuliers, généralement chargés d'une sombre histoire ou d'une magie ancienne. La plupart des gens, même voyageant beaucoup, n'auront jamais l'occasion de rencontrer autre chose qu'une rumeur.

Mis à jour le 24/05/19 à 19h48